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Janette-Bertrand

Janette Bertrand est une journalistecomédienne et écrivaine québécoise. Janette Bertrand est née dans le quartier Centre-Sud, à l'angle des rues Ontario et Frontenac, à Montréal. Elle étudie en lettres à l'Université de Montréal, ce qui l'amène à devenir journaliste en 1950. Au Petit Journal, elle se voit confier une chronique qui la sensibilise aux revendications des féministes. 

Crédit photo : Claude Guillet 

Par la suite, elle devient animatrice de radio pour l'émission quotidienne Mon mari et nous, diffusée par CKAC pendant plusieurs années. À la fin des années 1950, elle écrit pour Radio-Canada le téléroman Toi et moi, mettant en scène les péripéties d'un couple où les rôles principaux sont joués par elle et son mari, Jean Lajeunesse. Toujours avec Jean Lajeunesse, elle anime ensuite le jeu questionnaire Adam ou Ève à Télé-Métropole où les participants sont des couples mariés.

Janette Bertrand (née le 25 mars 19251 à Montréal) est une journalistecomédienne et écrivaine québécoise

Seule cette fois, elle devient la confidente des adolescents à Comment pourquoi ?, une émission où elle s'efforce de rassurer les jeunes et de répondre à leurs questions autant que le permet le contexte du début des années 60, c'est-à-dire en faisant totalement l'impasse sur les relations sexuelles. Puis, dans L'école du bonheur, le courrier qu'elle reçoit lui inspire des sketches où des couples sont aux prises avec divers problèmes matrimoniaux, problèmes qui chaque fois trouvent leur solution, le divorce étant encore trop mal vu à cette époque.

Vient ensuite Quelle famille! (diffusé entre 1969-1974 à Radio-Canada), une émission familiale qui faisait appel à plusieurs membres de sa propre famille, dont Jean Lajeunesse et leur chien Macaire. Cette émission a été diffusée en France sous le titre Les Tremblay. Cette comédie sera suivie d'une autre : Grand-Papa, où Jean Lajeunesse joue cette fois un rôle de composition, celui du grand-père d'une famille aux prises avec les problèmes des années 70.

Ensuite, elle anime un rendez-vous télévisé où des personnes sont invitées à s'exprimer sur différents sujets qui touchent les gens de près : la famille, le couple, la sexualité, etc. Pour cette émission, intitulée Parler pour parler, elle s'occupe tant de la recherche que du scénario. Parler pour parler a été créé par le réalisateur Gaëtan Lavoie.

Avec la série Avec un grand A, elle propose des dramatiques qui abordent des sujets encore tabous ou controversés à l’époque comme la violence conjugale, la détresse des aînés, l'homosexualité et le sida.

Définition du prix Janette Bertrand

Prix remis à une personnalité non-LGBTQ+ ou organisme non-LGBTQ+ qui a contribué de façon importante à la lutte contre l’homophobie et la transphobie par une action marquante particulière ou de manière répétée, par une implication continue.

Une Alliée inconditionnelle, et depuis longtemps

Lorsque, en 1953, Janette Bertrand inaugure sa carrière, d’abord comme courriériste du coeur dans , un des médias écrits les plus populaires de l’époque, elle fait le choix de donner la parole aux sans voix, aux personnes qui se sentent isolées, rejetées ou exclues. Comment ? En publiant telles quelles, et sans censure, les très émouvantes lettres qu’elles reçoit, parmi lesquelles beaucoup de SOS d’hommes gais et de femmes lesbiennes à qui elle redonne courage et espoir en les incitant à s’accepter. En ce temps-là, l’Église condamne sans aucune nuance l’homosexualité, la science la considère comme une maladie mentale (jusqu’en décembre 1973) et la loi la punit comme un crime (jusqu’en 1969). Ses correspondants lui parlent de leur isolement, parfois de leur dépression, de pensées suicidaires même, et Janette les écoute sans jamais juger, incitant tout le monde, à commencer par leurs proches, à faire de même.

Quand elle passera quelques années plus tard à la télévision (avec ses émissions Comment pourquoi, L’école du bonheur, Janette veut savoir, SOS j’écoute, Parler pour parler, Janette tout court, Avec un grand A), elle conservera la même formule : donner la parole et écouter longuement, pour mieux comprendre, sans juger. Cela scandalise souvent des autorités civiles et religieuses, qui la dénonceront parfois publiquement, mais le public suit ! Elle sera la première à inviter, en direct, à la télé, des hommes gais, des femmes lesbiennes, des personnes transgenres et des personnes bisexuelles à parler de leur vécu. La première aussi à donner la parole à des personnes atteintes du sida, à des victimes d’agressions sexuelles, à des travailleuses du sexe, à des personnes itinérantes, la liste complète de sujets alors très sensibles qu’elle a abordés serait longue.

Dans ses propres écrits, notamment ses scénarios joués à la télé «Avec un grand A», elle fera aussi large place à la diversité sexuelle et de genre afin de défaire les préjugés et les tabous qui perdurent. Les soixante-dix pages consacrées à ces questions dans son ouvrage paru en 2018 et coécrit avec le professeur et chercheur Michel Dorais le montre aussi éloquemment.

En somme, comme éducatrice populaire à la sexualité (avant même que ce concept existe ! ), Janette Bertrand fut des plus avant-gardistes et certainement parmi les plus grandes et des plus constantes alliées que la communauté LGBTQ+ a connues au cours de l’histoire du Québec.

Une actrice de changement

Janette Bertrand a contribué de façon notable au changement des mentalités au Québec pour l’acceptation des personnes LGBTQ+ en faisant en sorte que, via les journaux, la télé mais aussi les livres (elle a toujours encouragé les gens à lire pour parfaire leurs connaissances), leurs réalités soient mieux connues. L’ignorance étant souvent à la source des préjugés, elle savait surtout qu’en donnant la parole en direct, sans censure, ni coupure, aux personnes LGBTQ+, elle donnait des visages à leurs réalités. En contrant la méconnaissance sur les conditions de vies des personnes LGBTQ+, elle a ainsi contribué directement à l’amélioration de leur condition et de leur mieux-être.

Un exemple pour les générations futures

En attribuant le prix Janette Bertrand, la contribution de madame Janette Bertrand à la cause des personnes LGBTQ+ sera non seulement honorée mais se poursuivra. Son implication pionnière servira d’exemple, voire de modèle d’inclusion, de respect et même d’affection et d’amour pour les personnes LGBTQ+, invitant ainsi les allié.e.s. à persévérer dans leur soutien, malgré l’homophobie et la transphobie, dont les formes sont parfois insidieuses et multiples.